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Se changer, changer le monde

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Des nouvelles d'Emergences
31 JANVIER 2016

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Cette année, Emergences est partenaire de la Foire du Livre de Bruxelles, qui se déroulera à Tour & Taxis du 18 au 22 février prochain sur le thème du bonheur.
Dans un monde où le malheur a si souvent les honneurs des médias, la Foire du Livre a fait le choix de parler de ce bonheur qui, désespérément, est l’objet de notre quête à tous. C'est un thème qui permet d’aborder de grands enjeux citoyens : penser à l’autre, penser à soi, penser à se faire du bien, penser à protéger l’environnement qui est notre bien commun, penser à une économie qui rime avec humanisme et développement durable.
Chaque jour, l'équipe de Graines d'Emergences proposera au public scolaire deux ateliers de méditation. La Grand Place du Livre abritera par ailleurs chaque jour une conférence labellisée Emergences, de 15h à 16h. Et le samedi 20, vous aurez droit à 3 rencontres pour le prix d'une !

- Etre joyeux, être-ce toujours être fou de joie ?
par Charles Pépin, le jeudi 18 février de 15h à 16h
- Les entreprises humanistes, au services des salariés et du monde
par Jacques Lecomte, introduit par Anne-Valérie Giannoli, le vendredi 19 février de 15h à 16h
- Savourer l'instant présent
une rencontre entre Eve Ricard et André Comte Sponville, modérée par Ilios Kotsou, le samedi 20 février de 14h à 15h
- Le bonheur vu du Bhoutan
par Isabelle Cassiers, introduite par Sabine Verhest, le samedi 20 février de 15h à 16h
- Est-il possible d'être heureux aujourd'hui ?
par Ilios Kotsou, le samedi 20 février de 16h à 17h (organisé par Psychologies Magazine)
- Bonheur & mindfulness
par Edel Maex, introduit par Ozan Aksoyek, le dimanche 21 février de 15h à 16h
- Le bonheur au travail
par Laurence Vanhée, introduite par Egide Altenloh, le lundi 22 février de 15h à 16h.

Pour être surs de pouvoir assister aux rencontres, nous vous recommandons de vous inscrire via notre site.
Pour toute question ou renseignement, visitez le site ou contactez-nous sur info@emergences.org
 

 


Emergences recommande
27 JANVIER 2016

Index

Si vous ne l'avez pas encore vu, courez voir "Demain", nominé aux Césars 2016 du meilleur documentaire. C'est un magnifique road-movie réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Leur pari ? Raconter une histoire qui fait du bien pour sensibiliser le public aux enjeux écologiques, économiques et sociaux de notre époque.
Sur une musique inspirante, avec de très belles images et surtout des rencontres avec de très belles personnes, ils nous donnent le peps et nous montrent que les solutions sont à portée de main de chacun.

En mettant bout à bout les initiatives positives et concrètes de ces pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation, on commence à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain.
On aimerait que tous les décideurs le voient en masse (et notamment ceux en charge de la mobilité à Bruxelles : même les tunnels nous font passer le message qu'il est temps de passer à autre chose que le tout voiture ;-)
Bref, parlez-en autour de vous et surtout, régalez-vous !

 

 

 


Les tourbillons de la vie par Edel Maex
10 JANVIER 2016

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"La tension que nous ressentons comme un manque ne passera jamais pour la simple raison qu’elle est l’énergie qui nous fait vivre. Il ne faut pas chercher à l’escamoter. (...) Quand on cesse de tenter de faire disparaître cette tension par tous les moyens, autre chose surgit. C’est une tension qui nous donne l’énergie et le courage de nous asseoir et de regarder, de faire une place pour ce qui advient, au lieu de balayer nos tracas sous le tapis. Elle nous donne le courage de ne pas accumuler mais de partager notre abondance. Qu’y a-t-il de plus beau que de partager ce que l’on a de plus beau ? C’est une joie qui ne disparaît jamais."

Edel Maex publie régulièrement de très beaux textes sur son blog. Grâce à l'aide généreuse de bénévoles, nous avons entrepris de les traduire en français afin d'en faire profiter un plus grand nombre.
Merci à Annemarie qui a traduit ce billet, dont le sujet résonne particulièrement en cette période de bouleversements...
 

(...) Je me souviens d’un patient cancéreux qui avait lutté pour sa vie avec succès. Après un long traitement dangereux, il avait été déclaré guéri par ses médecins. Chacun s’attendait à le voir fou de joie. Et il le fut, mais pas très longtemps. Au bout d’une semaine, il remarqua qu’il était à nouveau agacé par ce muret que son voisin avait construit et qui mesurait 20 cm de trop en hauteur. La vie reprenait son cours habituel, avec ses contrariétés et ses imperfections. Il en fut le premier étonné. Il estimait qu’il ne pouvait qu’être heureux à présent. Mais voilà, c’est ainsi que fonctionne notre esprit. Il y a quelque chose qui ne passe jamais.

Imaginez que vous sortez d’une relation amoureuse dans laquelle vous avez été maltraité. Vous rencontrez un nouveau partenaire très gentil et compréhensif, quelqu’un de formidable. Et pourtant vous n’êtes pas entièrement heureux. Il y a toujours quelque chose qui accroche, un désir inassouvi, un manque jamais comblé.

Imaginez que vous n’ayez aucun problème. Vous n’avez pas été confronté à quelque chose de grave, tout va le mieux du monde pour vous, votre travail vous satisfait, votre partenaire de vie est adorable, vos enfants se débrouillent bien à l’école, vous avez toutes les raisons d’être heureux… Et pourtant, il reste une insatisfaction, quelque chose d’indéfinissable, une sorte de tension qui demeure, quelque chose qui ne passe pas…

Le Bouddha appelle cela le ‘tanha’ (soif). Nous parlerons de ‘manque’, Matthieu Ricard appelle cela le ‘besoin’, David Loy, lui, parle de ‘lack’. Une incomplétude, un manque permanent. Que faire de ce manque ?

Dans les quatre nobles vérités Bouddha désigne la soif comme l’origine de la souffrance. Voilà une formulation surprenante. Il ne dit pas: ‘la soif est une souffrance’ mais ‘la soif est l’origine de la souffrance’. Quelle est dès lors la relation de cause à effet entre la soif et la souffrance? Le Bouddha est pragmatique. La relation entre la soif et la souffrance, c’est mon comportement. C’est par la manière dont nous appréhendons cette soif que nous provoquons la souffrance.

Ce que nous faisons en premier lieu avec ce manque que nous ressentons malgré tout, c’est y rechercher une explication. Si je ne trouve pas très vite une explication, si j’estime que je n’ai aucune raison d’être malheureux, je vais me faire des reproches et me mettre à moraliser. L’engouement actuel pour le bonheur y participe largement. Nous ne sommes plus autorisés à être malheureux.

Je suis moins bien loti lorsque j’ai bel et bien une raison d’être malheureux. L’origine se trouve alors dans ce que j’ai vécu dans ma jeunesse, ou bien c’est ma santé qui est en cause, ou alors ce sont les opportunités que j’ai manquées. Mais c’est un malentendu, car même quand tout est pour le mieux, il y aura toujours quelque chose qui ne passe pas. Des personnes peuvent ainsi être en thérapie toute leur vie durant en s’imaginant qu’elles n’ont toujours pas bien digéré une expérience traumatisante; elles ne se rendent pas compte qu’elles luttent contre quelque chose qui ne passera jamais. C’est ainsi que l’on se bloque complètement.

En agissant au départ de ce malentendu, on provoque davantage de souffrance. Le bouddhisme connaît le système des cinq familles de bouddha désignées chacune par une couleur.
Dans la famille blanche nous tentons d’éliminer tout notre mécontentement et toute notre douleur en nous obscurcissant l’esprit. Sex, drugs & rock and roll. Quand nous sommes ivres, la souffrance disparaît pour un temps. On ne ressent plus le manque qui nous ronge… jusqu’au réveil, le lendemain.
Dans la famille jaune, nous tentons de remplir le vide en amassant le plus possible. Quelle est la durée de notre joie quand nous recevons une augmentation, une voiture de société plus coûteuse, un cadeau précieux, une nouvelle coiffure? Elle est courte, très courte.
Dans la famille rouge nous espérons que quelqu’un va nous rendre heureux. Si je peux l’avoir (il ou elle, selon notre préférence sexuelle) je serai heureux. C’est ce que l’on se promet lors du premier baiser, ou le jour de notre mariage. Jusqu’à ce qu’on se ronge à nouveau.
Dans la famille bleue on n’arrête pas de s’irriter contre tout ce qui va de travers dans le monde. Nous sommes sûrs de nous. Nous le proclamons, nous assénons notre vérité, nous sommes confits dans notre certitude. La souffrance disparaît de manière fugace quand nous avons raison, nous nous sentons forts et invulnérables, juste un moment.
Dans la famille verte nous travaillons comme des fous. Atteindre un objectif peut nous booster, que ce soit dans le travail, dans le sport, dans une retraite intensive. On connaît alors un moment de jubilation. Et puis le train-train reprend, ou le burn-out.

C’est un malentendu tragique. Il n’y a pas de lien avec une quelconque leçon de morale. En soi, il n’y a rien à redire au ‘sex, drugs & rock and roll’ ; il y a à redire quand cela provoque de la souffrance. Parfois on parvient à éliminer la soif, le manque, l’absence, juste un instant. C’est emprunter pour payer nos dettes. Il y a quelque chose qui ne passe jamais.

C’est un malentendu. Dans le bouddhisme, cela s’appelle avidya, un savoir erroné. Le manque ne disparaîtra jamais, la tension ne se relâchera pas. Mais que dois-je faire si cela ne passe jamais? Accepter? Devenir fataliste? Tout est-il souffrance?

La tension que nous ressentons comme un manque ne passera jamais pour la simple raison qu’elle est l’énergie qui nous fait vivre. Il ne faut pas chercher à l’escamoter. Elle est la source de notre vitalité.

Nous ne devons pas la combattre, bien au contraire, elle nous nourrit. Quand on cesse de tenter de faire disparaître cette tension par tous les moyens, autre chose surgit.

C’est une tension qui nous donne l’énergie et le courage de nous asseoir et de regarder, de faire une place pour ce qui advient, au lieu de balayer nos tracas sous le tapis. Elle nous donne le courage de ne pas accumuler mais de partager notre abondance. Qu’y a-t-il de plus beau que de partager ce que l’on a de plus beau? C’est une joie qui ne disparaît jamais.

Elle nous offre l’énergie de donner à chaque être vivant le droit d’exister dans sa spécificité au lieu d’être dans l’attente que l’autre nous rendra heureux. Loin de nous aigrir, cela nous aide quand nous regardons bien en face ce qui se passe, ce qui rate et ce qui réussit. Au lieu de nous tuer à la tâche ou d’abdiquer, nous aurons le courage de retrousser nos manches et de faire ce qui est bénéfique. Au lieu d’être une source de souffrance, c’est une source de joie qui ne tarit jamais.


Des nouvelles d'Emergences
04 JANVIER 2016

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"L'année à venir n'existe pas. Nous ne possédons que le petit instant présent"
Mahmûd Shabestarî (poète persan)

Bonne année 2016 à toutes et tous, emplie de petits et grands moments de présence, le coeur ouvert à ce qui se présente sur le chemin. 
Prêts à devenir qui nous sommes vraiment, vraiment :-)
Comme cette année est bissextile, elle comptera 366 jours, soit un jour de plus que celle qui vient de s'achever.

24 heures en plus pour prendre soin de vous...
24h, c'est justement (à peu de choses près) la durée cumulée des séances qui composent un cycle de pleine conscience.
C'est donc LE moment pour choisir d'explorer votre fonctionnement intérieur, apprivoiser vos états d'âme, apprendre à réduire votre stress et mieux vivre ensemble.
D'autant que depuis l'an passé, Emergences propose ses cycles et soirées de suivi à Liège, Court Saint-Etienne et bien sûr à Bruxelles.
Les prochains cycles débutent la semaine prochaine, il reste des places pour le cycle du vendredi matin à Bruxelles, du vendredi après-midi à Court-Saint-Etienne, et pour les 3 cycles de Liège : lundi après-midi, jeudi soir et vendredi après-midi qui débuteront la semaine du 18/01.
Infos et inscriptions sur notre site www.emergences.org
A bientôt !


Des nouvelles d'Emergences
30 DéCEMBRE 2015

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Les 23 et 24 janvier prochains, rejoignez-nous pour un weekend en compagnie de Christophe Massin, médecin psychiatre et psychothérapeute, sur le thème de l'alchimie des émotions.
Dans cet atelier, Christophe -qui étudie le rôle et l’impact des émotions depuis plus de 30 ans- nous invite à repenser la relation que nous entretenons avec nos émotions. Selon lui, refuser ses émotions ou mal les comprendre entraine de la souffrance.
Inspiré notamment par la spiritualité indienne, il nous montre que tranformer les émotions par un travail d’acceptation peut nous conduire à une vie pacifiée et nous permettre d’accéder à l’amour de soi et des autres.
Le philosophe Alexandre Jollien, qui a préfacé son ouvrage " Souffrir ou aimer : transformer l'émotion" (qui a gagné le Prix Psychologies Fnac du meilleur essai 2014)  écrit : « L’émotion ne tue pas et la ressentir à fond est, sans conteste, nous prémunir de ce qui détruit […] ». « En un mot, il nous convie à un amour libre et joyeux. »
Inscriptions et informations


A méditer
18 DéCEMBRE 2015

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« Comment pouvons nous, de manière pragmatique, aider le monde à aller mieux ? »

C’est une des questions posées par le Dalaï-Lama en ouverture de la 30ème rencontre du Mind & Life Institute à Bylakuppe, en Inde.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de nous asseoir pour prier afin de résoudre les problèmes » a il ajouté. "Ce n’est pas l’eau bénite qui nous sauvera. Nous avons chacun et chacune la responsabilité de nous remettre en question."
Les problèmes ont été créés par les êtres humains et c’est d’eux que peut aussi venir la solution. Chacun à notre niveau, au quotidien, avec nos proches ou dans nos entreprises, nous pouvons être un élément de cette solution. Dans notre manière d’être présents à la vie, d’éclairer et de prendre soin de tout le potentiel de bonheur et de bonté qu’il y a en chacun(e) d’entre nous. Dans notre manière de nous engager avec enthousiasme sur un chemin de conscience, de sagesse et de compassion."


A méditer
15 DéCEMBRE 2015

Eve ricard je ne garde en moi que le positif de mon enfance article main

"La vraie maladie, c’est de perdre le goût du monde."

Au mois d'août dernier, nous avons eu le privilège de passer quelques jours chez Eve Ricard et son mari. Lors de nos Journées Emergences 2013, elle nous avait livré un magnifique témoignage dont voici quelques extraits choisis :
"Quand on m'a appris que j'avais la maladie de Parkinson, il y a eu en moi comme une déflagration. Tout a volé en éclats : mes habitudes, mes préjugés, mes peurs. On me dit que cette maladie est évolutive et qu'on ne sait pas la guérir.
(...) Comment continuer à vivre ? Comment continuer à être avec les autres ? Aujourd'hui je sais que j'ai une maladie et pourtant je ne suis pas cette maladie et je ne le serai pas.
(...) Face à cette maladie je ne vais plus penser à ce qui me fait défaut mais à la chance de vivre au quotidien ; sans attente, c'est l'arrêt des peurs. Ce qui a été s'efface et l'avenir ne viendra que plus tard.
(...) Chaque matin s'ouvre sur un jour où je vais aimer, partager, désirer, rêver. Je bénis doublement l'instant, ce présent sans cesse renouvelé qui fait du temps une profondeur, non une durée.
(...) La croyance commune est que la maladie a prise sur nous et non pas nous sur elle. L'esprit serait-il alors soumis au corps souverain. En nous, hors de nous, autour et partout : une seule et même énergie. Ni bonne ni mauvaise : bonne et mauvaise. Offrir ou prendre reviennent comme la lumière du jour. Avoir l'avantage, c'est connaître sans voile son adversaire. Face à la peur vient l'abandon de la peur."

Cet été, nous avons enregistré une séquence vidéo où elle parle de son rapport à la peur. Au coeur de nos Journées Emergences de septembre dernier, la peur est une émotion très présente dans la vie de nombreuses personnes, notamment ces derniers mois.
Puissent les mots d'Eve vous accompagner et vous nourrir le coeur et l'âme, et notamment son dernier ouvrage "Une étoile qui danse sur le chaos" qui nous a beaucoup touchés.

 


Des nouvelles d'Emergences
09 DéCEMBRE 2015

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Après Bruxelles & Court-Saint-Etienne, nous sommes heureux de vous proposer, dès janvier prochain, des cycles "apprivoiser le stress et les émotions par la pleine conscience" labellisés Emergences à Liège. Ils seront animés par Caroline Jacob, qui vient de rejoindre notre équipe d'instructeurs.
Ostéopathe, instructrice certifiée de méditation de pleine conscience (MBCT) et pratiquant le yoga et la méditation depuis plus de 20 ans, Caroline est une femme passionnée, profonde, engagée, joviale et compétente.
N'hésitez plus à vous inscrire, c'est par ici. Trois cycles sont proposés au mois de janvier pour Emergences : chaque lundi de 14h à 16h30, du 18 janvier au 7 mars ; chaque jeudi de 19h30 à 22h  du 21 janvier au 17 mars et chaque vendredi de 14h à 16h30 du 22 janvier au 18 mars. Ils auront lieu à l'Espace Corps et Conscience (107, boulevard Kleyer 4000 Liège).
Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les effets (documentés) de la méditation sur le corps, lisez cette notice.

 


 

 


Les tourbillons de la vie par Edel Maex
26 NOVEMBRE 2015

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"La méditation rend-elle meilleur? La réponse est très simple : Vous allez devenir meilleur dans ce que vous faites. Que faites-vous? "

Edel Maex publie régulièrement de très beaux textes sur son blog. Grâce à l'aide généreuse de bénévoles, nous avons entrepris de les traduire en français afin d'en faire profiter un plus grand nombre.
Merci à Bénédicte qui a traduit ce billet, dont le sujet résonne particulièrement en cette période de bouleversements...

La méditation rend-elle meilleur ? C'est une question qui m'a été posée à plusieurs reprises.
Une réponse immédiate pourrait être: la méditation n'a pas de but. Il n'y a rien à atteindre ou à ne pas atteindre. D'un point de vue absolu ou non-duel, c’est certainement vrai. Mais il est un peu trop facile d’abuser de la perspective absolue pour se soustraire aux questions difficiles de la réalité conventionnelle ;-)
Ce qui est sûr, c'est que la méditation a  un impact sur les personnes qui la pratiquent. Mais ce qui m'a longtemps étonné dans ce domaine, c’est de constater combien ces effets peuvent être différents. Au fil des ans, j’ai vu beaucoup de gens s’adoucir, mais j'en ai vu d'autres se durcir. Pour certains, j'ai vu plus de respect de soi, chez d'autres un sentiment croissant d'échec. Certaines personnes devenaient plus accessibles, d'autres inaccessibles, certaines plus impliquées, d'autres indifférentes.
Ce qui m'a également surpris,  c'est que quand deux personnes disent, « je fais du zen», cela ne veut absolument pas dire qu'elles font la même chose. Dans les premières années, je pensais ainsi : «la méditation, c'est ...» et quiconque complétait cette phrase dans un sens différent du mien, n'avait rien compris. Cela ne fonctionnait pas, alors j'ai réduit à: « le zen, c'est ...», mais cela ne fonctionnait pas non plus. Et la phrase : « la pleine conscience est l'essence de la méditation bouddhiste » était peut-être correcte en théorie, mais, en pratique, elle n'a aucun sens parce que tant la « pleine conscience » que la « méditation bouddhiste» sont des termes qui semblent couvrir des réalités très différentes.
Et il y a même des traditions qui ne pratiquent pas du tout la méditation, même dans le zen. Lorsque deux moines chinois du monastère mère de la Mahakaruna Chan participèrent à une sesshin à Steyl, il apparut que c'était la première fois qu'ils pratiquaient quelque chose de ce genre.
Le Pali et le Sanskrit semblent ne pas avoir un terme unique pour la méditation. Il y a plusieurs termes qui sont traduits par le terme « méditation ». Un de ces mots est bhavana. La traduction de bhavana en « méditation » trahit notre préjugé culturel. Bhavana est dérivé du terme « bhava », et cela signifie quelque chose comme «faire naître». On pourrait le traduire par «cultiver».
Dans le Canon Pali, il y a cette belle histoire de deux ascètes qui cherchent le Bouddha (MN 57). Le premier a, comme pratique ascétique, le vœu de se comporter comme un chien, l'autre comme une vache. Leur question au Bouddha est de savoir comment ils renaîtront. L'idée sous-jacente est bien sûr que l'ascétisme extrême efface le karma négatif et conduit à une naissance plus élevée. Dans un premier temps, le Bouddha ne  veut pas du tout répondre à leur question, mais ils insistent. Le Bouddha répond que s'ils mènent leur pratique de vie comme un chien ou une vache à la perfection, alors ils renaîtront comme un chien ou une vache. Le mot utilisé ici est bhaveti, un verbe dérivé de la même racine que bhavana. Cependant, ajoute le Bouddha, s'ils le font avec la vision erronée qu'ils renaîtront dans le monde des dieux, ils renaîtront dans l'enfer. Les deux ascètes en sont dépités. Le Bouddha conclut sa réponse avec une explication sur le karma.
Cette histoire illustre très bien la façon d'enseigner du Bouddha. Il ne rejette pas la vision du monde de ses auditeurs mais il la modifie. Le message est comme toujours très pragmatique : « ce que vous faites, vous le cultivez ». Et donc : « Faites ce que vous voulez cultiver. »
«Je fais du zen», ou «je médite » n'a pas beaucoup de sens. La question est : « Que faites-vous sur votre coussin? Que cultivez-vous exactement? » Et : « Que voulez-vous cultiver, sur votre coussin et au-delà ? » Ce sont des questions auxquelles vous seul pouvez répondre. Personne d'autre ne peut savoir ce que vous êtes effectivement en train de faire. Le principe est simple : vous récoltez ce que vous semez.
Le Bouddha ajoute à sa réponse une tournure particulière. S'ils pratiquent leur ascétisme à partir du point de vue erroné qu'ils vont renaître dans le monde des dieux, alors ils renaîtront dans l'enfer. Le Bouddha n'est pas moins pragmatique ici. En vous tourmentant vous-mêmes à partir de fausses hypothèses religieuses, dans l'attente d'aller au ciel, vous faites de votre vie un enfer. La vision erronée dans ce cas est de supposer que, par miracle, vous allez récolter autre chose que ce que vous semez.
Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui a commencé à méditer avec l'intention de renaître dans le monde des dieux. C'est une forme de superstition typique de l'Inde à l'époque de Bouddha. Une superstition occidentale plus contemporaine est que, grâce à notre pratique, nous allons miraculeusement atteindre l'illumination. Le principe est le même : l'illusion que vous allez récolter autre chose que ce que vous avez semé. Cela crée un enfer de frustration sans fin. Et cela sera d'autant plus grave que vous vous serez créé l'illusion, à un moment donné, de « l' »avoir atteint.
Une autre illusion courante est l'idée que la sagesse - qui vient de la méditation - mène automatiquement à l'éthique et que l'éthique ne devrait donc pas être explicitement pratiquée. Norman Fischer mentionne comme un grand manque dans le zen japonais le fait qu'il n'y ait pas un enseignement explicite sur la compassion. Mais, sur ce point, le zen n'a pas le monopole sur le découplage entre la sagesse et l'éthique.
« Vision erronée » est la traduction de micchaditthi. Cela contraste avec la « vision juste », 'sammaditthi', qui est le premier élément du Sentier Octuple. Chaque élément du sentier est précédé par le terme « samma ». Nous traduisons « samma » comme « juste », c'est un terme qui vient de la musique. « Samma » signifie « harmonieux ». Les éléments du sentier sont seulement justes dans la mesure où ils sont harmonieusement accordés les uns aux autres. Les trois groupes du Sentier Octuple: l'éthique, la méditation et la sagesse (sila, samadihi, prajna) forment un ensemble harmonieux. La sagesse détachée de l'éthique n'est donc plus « sammaditthi » mais « micchaditthi ».
Il est illusoire de penser qu'une vision ou une pratique est concevable sans éthique. Même si vous n'explicitez pas l'éthique, elle est là. La question est : « laquelle ? » L'exemple classique est le rôle du Zen dans la Seconde Guerre mondiale au Japon, où il a été utilisé entre autres pour former les pilotes kamikazes. La pratique du Zen reposait sur la conscience de l'illusion du soi et la compréhension de la non-dualité. Ce ne fut pas sans éthique, au contraire, non-soi et non-dualité signifient ici devenir un avec la nation et la famille impériale. Ce ne fut pas une éthique de la compassion, mais une discipline de mort dans le sens le plus littéral du mot. On peut parler ici de « micchaditthi ». Donc, si vous avez une pratique où l'accent est mis sur la sagesse, continuez à vous poser la même question: «Qu'est-ce que vous cultivez exactement". Et « Y a-t-il harmonie entre la sagesse et l'éthique implicite ou explicite de celles-ci »? '
Cela vaut tout autant pour la pratique de la mindfulness. Voilà pourquoi, au début, j'ai qualifié la pleine conscience comme « l'attention ouverte et bienveillante ». Même dans le cadre d'un programme en huit semaines dans un hôpital, il est important de veiller, dès le départ, à  l'harmonie entre l'éthique, la méditation et la sagesse. La méditation rend-elle meilleur? La réponse est très simple: Vous allez devenir meilleur dans ce que vous faites. Que faites-vous?


Emergences recommande
19 NOVEMBRE 2015

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Comme l'actu récente l'a encore démontré, turbulences et mutations s’accélèrent, ici et ailleurs sur notre planète, dans les domaines économique, social et politique, au niveau de nos fonctionnements tant individuels que collectifs.
Frédéric Laloux l’a décrit dans son livre « Reinventing organizations » : nous sommes en train d’évoluer vers un autre stade de développement.
Et si les partis politiques n’étaient plus ni indispensables ni nécessaires ?
Quels pourraient-être nos modes de fonctionnement collectifs pour notre « vivre ensemble » demain ? Au niveau local, régional, national, européen, planétaire ?
Et si nous participions ensemble a l’invention de ces réponses !?
C’est àcette réflexion passionnante qu'Integral Togetherness vous convie ce samedi 21 novembre 2015, de 10h à 18h, à Transforma BXL. La participation est gratuite, pour vous inscrire contactez Daniel via contact@integraltogetherness.com.

 


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