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Se changer, changer le monde

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A méditer
22 MARS 2016

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Au milieu de ces nouvelles terribles, nous apprenons qu'une maman de notre cycle "Naître en conscience" a donné la vie, ce matin, à un petit Naïm.
Drôle de matin pour venir au monde à Bruxelles ou, peut-être, un signe, signe que la vie est plus forte que tout...
Juste maintenant, pour quelques instants, connectons-nous à ce petit être qui vient d'arriver sur notre drôle de planète, rappelons-nous de la puissance de l'amour dans ces moments si douloureux, et ouvrons nos cœurs, choisissons de porter le regard vers ce qui va bien, dans ce monde tourmenté...

Longue et belle vie à toi, Naïm, on va continuer à se bouger pour te construire un monde qui tourne mieux, pour toi, pour Nefeli, pour tous les enfants d'ici et du monde entier !


Emergences recommande
01 MARS 2016

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Ostéopathe de formation, instructrice MBCT, Caroline Jacob, qui vient de rejoindre l'équipe d'Emergences, donnera une conférence sur la pleine conscience le jeudi 10 mars à 19h30 à Liège.
A l'invitation du service de promotion de la santé de la Province de Liège, elle présentera les processus à l'oeuvre dans la méditation de pleine conscience et ses apports en lien avec le stress et la prévention de la rechute dépressive, et répondra aux questions du public.
Cette conférence est gratuite (réservation obligatoire) et se déroulera dans la Salle Académique de l'Ulg - Place du XX Août à Liège.
Pour assister à cette très chouette soirée, réservez vite votre place en appelant le 04/237.94.15 ou par mail, spps@provincedeliege.be.

 



Les tourbillons de la vie par Edel Maex
11 FéVRIER 2016

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"Cette capacité à rester présent sans détourner le regard et sans se perdre, (...) c’est ce que nous exerçons quand nous pratiquons la méditation : se calmer, ouvrir notre esprit et notre cœur et rester présent. C’est pour cela que la compassion commence par nous-même. Notre coussin de méditation est l’endroit par excellence pour la compassion.
Savez-vous vous asseoir avec votre chagrin, ouvrir votre esprit et votre cœur et rester présent ? Avant de commencer à méditer, c’était impensable pour moi. J’ai du l’apprendre en étant assis sur mon coussin."


Edel Maex publie régulièrement de très beaux textes sur son blog. Grâce à l'aide généreuse de bénévoles, nous avons entrepris de les traduire en français afin d'en faire profiter un plus grand nombre. Merci à Marthe qui a traduit ce billet.

Nous vous rappelons qu'Edel sera en conférence gratuite avec Emergences à la Foire du Livre de Bruxelles le dimanche 21 février à 15h, présenté par notre ami Ozan. Inscriptions ici.


Le psychologue Paul Bloom est en train d’écrire un livre sur l’empathie. Il en parle beaucoup dans ses interviews sur YouTube : il est contre. Il dit certainement des choses intelligentes, mais je trouve un peu dommage de vouloir absolument attirer l’attention sur un mot en l’utilisant autrement que dans son sens courant. Quand le président Obama parle d’ « empathy deficit », il parle d’autre chose.
Bloom a cependant raison, dans le sens où le concept d’empathie comme utilisé habituellement dans les recherches scientifiques actuelles concerne trois définitions : savoir ce que quelqu’un ressent, se sentir de la même manière qu’une autre personne, et avoir des sentiments pour cette personne. Tania Singer, chercheuse elle aussi, a démontré que ces définitions impliquaient trois circuits différents dans le cerveau.
La première définition, savoir ce que quelqu’un ressent, fait partie de ce qui est appelé maintenant « theory of mind ». C’est une capacité à voir la perspective de l’autre et de se rendre compte que l’autre a d’autres sentiments, pensées et besoins que vous. Certaines personnes souffrant d’autisme obtiennent des résultats très bas pour cette aptitude alors que les psychopathes sont très bons. Il est fréquent que la communication se passe mal, justement à cause de la non-reconnaissance de ce qui est « autre » chez l’autre. A ce sujet, un simple « comment cela se passe-t-il pour toi ? » peut faire des miracles.
En psychologie, on n’utilise le terme empathie que pour la deuxième définition. Si des cobayes voient une vidéo dans laquelle quelqu’un se pique avec une aiguille, ils ressentent la piqûre dans leur propre main. Il s’agit littéralement de « ressentir comme ». Pour éviter tout malentendu, j’utiliserai ensuite le terme « ressentir comme » et non empathie.
D’après Paul Bloom, le « ressentir comme » n’apporte que des problèmes. Nous serions de meilleures personnes sans cela. Il prétend que nous nous comportons de manière plus éthique quand nous nous basons sur la rationalité plutôt que sur nos sensations. Cela manque de profondeur à mes yeux. Le fait est que nous avons des émotions. C’est comme dire que les gens feraient mieux de ne pas tomber amoureux et de choisir leurs partenaire sur base d’arguments rationnels. Je ne pense pas qu’on puisse en faire un livre, même si personne ne niera que le fait d’être amoureux mène souvent à des problèmes.
Le « ressentir comme » n’est pas la compassion. Pas qu’il n’y ait pas de « ressentir comme » dans la compassion, mais parce que, dans la compassion, l’accent se déplace de « ressentir comme » vers « ressentir pour ».
Le « ressentir comme » n’amène pas toujours de la compassion ou une plus grande implication. Au contraire, c’est souvent la raison pour laquelle les gens abandonnent. Les gens qui ont subi quelque chose de grave perdent, à leur grand affolement, une grande partie de leur cercle d’amis. « C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis ». Les gens qui abandonnent ne sont pas de dangereux psychopathes. Au contraire, c’est justement parce qu’ils « ressentent comme » qu’ils abandonnent, parce qu’ils ne savent que faire de ce « ressentir comme ». Nous n’avons pas beaucoup de bon sens quand il s’agit de gérer la douleur. Nous essayons souvent de repousser le chagrin et celui des autres est justement beaucoup plus facile à éviter que le nôtre.
Inversement, le «ressentir comme » peut nous amener des problèmes, si nous ne gérons pas notre propre douleur. Les images horribles des guerres et de la violence, des arrivées massives de réfugiés ne nous laissent pas de glace. Nous sommes touchés. J’entends autour de moi que cela empêche beaucoup de gens de dormir.
Une source très connue de burn-out chez les professionnels de la relation d'aide est ce qu’on appelle la fatigue de la compassion. Que faire de toute cette souffrance humaine qu’on doit gérer tous les jours en tant que soignant ? Et à l’inverse, quel est l’intérêt d’avoir un thérapeute en larmes et inconsolable en entendant votre histoire ? Ce terme est clairement mal choisi : ce n’est pas à cause de la compassion que l'on s’écroule, mais à cause de notre « ressentir comme », que nous ne savons pas comment utiliser. A présent, on commence d’ailleurs à entendre "fatigue de l'empathie".
Un autre aspect problématique du “ressentir comme” est qu’il est particulièrement sélectif. Si un cobaye voit une vidéo d’une main qui se fait piquer par une aiguille, il ressent de la douleur. Mais il la ressent moins fort si la main est noire et que lui-même est blanc et inversément. Dans une autre étude sur le même sujet, il est apparu que les supporters de football « ressentent » plus fort quand il s’agit des supporters de leur propre club que ceux des adversaires.
Confucius disait déjà que entre les 4 mers, tous les hommes sont frères. Un vœu pieu qui n’est toujours pas devenu réalité, vingt-cinq siècles plus tard. C’est propre aux hommes de se comporter différemment selon le groupe d'appartenance. Et c’est comme ça que des personnes adorables peuvent être très cruels dans le même temps. Comment est-ce possible qu’un commandant de camp de concentration soit en même temps un gentil papa pour ses enfants ? Dès que nous cessons de voir l’autre comme un être humain, notre « ressentir comme » s’arrête.
Le « ressentir comme » est un sentiment avec lequel nous sommes souvent, et de manière très consciente, manipulés. La valeur-« entertainment » de la photo de l’enfant mort rejeté par la mer est gigantesque. Personne ne parle des autres enfants morts. Les organisations qui font de la récolte de fonds savent très bien jouer avec notre « ressentir comme ». Nous sommes aussi manipulés par le monde politique. Nous ne pouvons pas savoir quelle information nous est présentée de manière sélective et ce qui nous est caché. De cette manière, on nous manipule imperceptiblement à « ressentir comme » un groupe et à voir les autres comme s’ils n’étaient pas humains.
Puis-je éteindre ma TV alors, ou dois-je continuer à regarder ? Et pourquoi continuons nous à regarder ces images horribles ? Qui aidez-vous en restant éveillé ? Paul Bloom plaide pour un « altruisme effectif » qui ne se base pas sur le « ressentir comme » mais sur la pensée rationnelle basée sur une information correcte. Souvent, les gens se sentent coupables de détourner le regard. Ou indignés moralement si quelqu’un leur dit que c’est OK d’éteindre la TV. C’est aussi sur cela que les médias jouent sans pitié, sur ce sentiment de culpabilité qui est enraciné dans une grande méfiance, au plus profond de nous et dans la notion d’un égo qui est, par nature, immoral. Cette vision de l’égo n’a rien à voir avec le bouddhisme. Elle est entrée insidieusement dans le bouddhisme quand le christianisme est arrivé en Occident. En ce qui me concerne, cette vision n’est pas non plus inhérente au christianisme, mais elle a fini par y être très fort associée. Si on est sans pitié avec soi-même, le « aime les autres comme toi-même » devient un appel à la violence.
C’est probablement aussi une des raisons pour laquelle il manque un bon mot pour « compassion » dans notre langue. Le Dalai Lama fut très étonné, lorsque, après une confusion de langage complète, il apparut que le mot « compassion » en anglais ne portait que sur les autres et pas sur soi-même.
Dans le bouddhisme, on utilise le terme karuna. Karuna n’existe pas en soi, mais est un des 4 brahmaviharas. Lors que les brahmanes demandèrent à Bouddha quel était le chemin vers une réunion avec les dieux (brahma), il leur conseilla, pragmatique comme il était, de ne pas chercher trop loin et de la réaliser tout de suite en résidant (vihara) dans l’amour, la compassion, la joie et la franchise (metta, karuna, mudita, upekkha).
En dépit de notre manque de confiance en nous, metta et karuna font partie de nos sentiments les plus naturels. Metta est le fait de souhaiter le bien à quelqu’un. C’est le désir que ça aille bien, que quelqu’un soit heureux. Karuna, c’est notre gestion de sa souffrance, c’est le désir que la souffrance cesse. Contrairement au « ressentir comme », il y a, dans metta et karuna, une intention claire. Mudita signifie que nous continuons à voir la beauté et la bonté dans le monde et que nous continuons à l’apprécier. Cela empêche l’aigreur et la rancœur que nous pouvons accumuler, quand nous sommes confrontés à autant de souffrance.
Mais comment pouvons nous y arriver ? Etre au milieu du monde avec de la bonne volonté, en étant compassionnés, sans perdre des yeux ce qui est beau, sans abandonner ni sombrer ? Que Paul Bloom le veuille ou non, nous « ressentons avec ». Et comment pouvons-nous gérer ce « ressentir avec » ?
Upekka est la capacité à rester présent sans détourner le regard et sans se perdre. C’est un compromis entre nier et être entraîné. C’est ce que nous exerçons quand nous pratiquons la méditation : se calmer, ouvrir notre esprit et notre cœur et rester présent. C’est pour cela que la compassion commence par nous-même. Notre coussin de méditation est l’endroit par excellence pour la compassion. Savez-vous vous asseoir avec votre chagrin, ouvrir votre esprit et votre cœur et rester présent ? Avant de commencer à méditer, c’était impensable pour moi. J’ai du l’apprendre en étant assis sur mon coussin.
C’est seulement à ce moment qu’a commencé à apparaître la signification d’être présent pour le chagrin d’un autre. La compassion n’est pas optionnelle. Elle appelle à la présence et à l’action. Contrairement à un “ressentir comme” passif, la compassion est un élan actif. Finalement, peut-être que « l’altruisme effectif » de Paul Bloom n’est pas une si mauvaise idée...

 


Des nouvelles d'Emergences
31 JANVIER 2016

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Cette année, Emergences est partenaire de la Foire du Livre de Bruxelles, qui se déroulera à Tour & Taxis du 18 au 22 février prochain sur le thème du bonheur.
Dans un monde où le malheur a si souvent les honneurs des médias, la Foire du Livre a fait le choix de parler de ce bonheur qui, désespérément, est l’objet de notre quête à tous. C'est un thème qui permet d’aborder de grands enjeux citoyens : penser à l’autre, penser à soi, penser à se faire du bien, penser à protéger l’environnement qui est notre bien commun, penser à une économie qui rime avec humanisme et développement durable.
Chaque jour, l'équipe de Graines d'Emergences proposera au public scolaire deux ateliers de méditation. La Grand Place du Livre abritera par ailleurs chaque jour une conférence labellisée Emergences, de 15h à 16h. Et le samedi 20, vous aurez droit à 3 rencontres pour le prix d'une !

- Etre joyeux, être-ce toujours être fou de joie ?
par Charles Pépin, le jeudi 18 février de 15h à 16h
- Les entreprises humanistes, au services des salariés et du monde
par Jacques Lecomte, introduit par Anne-Valérie Giannoli, le vendredi 19 février de 15h à 16h
- Savourer l'instant présent
une rencontre entre Eve Ricard et André Comte Sponville, modérée par Ilios Kotsou, le samedi 20 février de 14h à 15h
- Le bonheur vu du Bhoutan
par Isabelle Cassiers, introduite par Sabine Verhest, le samedi 20 février de 15h à 16h
- Est-il possible d'être heureux aujourd'hui ?
par Ilios Kotsou, le samedi 20 février de 16h à 17h (organisé par Psychologies Magazine)
- Bonheur & mindfulness
par Edel Maex, introduit par Ozan Aksoyek, le dimanche 21 février de 15h à 16h
- Le bonheur au travail
par Laurence Vanhée, introduite par Egide Altenloh, le lundi 22 février de 15h à 16h.

Pour être surs de pouvoir assister aux rencontres, nous vous recommandons de vous inscrire via notre site.
Pour toute question ou renseignement, visitez le site ou contactez-nous sur info@emergences.org
 

 


Emergences recommande
27 JANVIER 2016

Index

Si vous ne l'avez pas encore vu, courez voir "Demain", nominé aux Césars 2016 du meilleur documentaire. C'est un magnifique road-movie réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Leur pari ? Raconter une histoire qui fait du bien pour sensibiliser le public aux enjeux écologiques, économiques et sociaux de notre époque.
Sur une musique inspirante, avec de très belles images et surtout des rencontres avec de très belles personnes, ils nous donnent le peps et nous montrent que les solutions sont à portée de main de chacun.

En mettant bout à bout les initiatives positives et concrètes de ces pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation, on commence à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain.
On aimerait que tous les décideurs le voient en masse (et notamment ceux en charge de la mobilité à Bruxelles : même les tunnels nous font passer le message qu'il est temps de passer à autre chose que le tout voiture ;-)
Bref, parlez-en autour de vous et surtout, régalez-vous !

 

 

 


Les tourbillons de la vie par Edel Maex
10 JANVIER 2016

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"La tension que nous ressentons comme un manque ne passera jamais pour la simple raison qu’elle est l’énergie qui nous fait vivre. Il ne faut pas chercher à l’escamoter. (...) Quand on cesse de tenter de faire disparaître cette tension par tous les moyens, autre chose surgit. C’est une tension qui nous donne l’énergie et le courage de nous asseoir et de regarder, de faire une place pour ce qui advient, au lieu de balayer nos tracas sous le tapis. Elle nous donne le courage de ne pas accumuler mais de partager notre abondance. Qu’y a-t-il de plus beau que de partager ce que l’on a de plus beau ? C’est une joie qui ne disparaît jamais."

Edel Maex publie régulièrement de très beaux textes sur son blog. Grâce à l'aide généreuse de bénévoles, nous avons entrepris de les traduire en français afin d'en faire profiter un plus grand nombre.
Merci à Annemarie qui a traduit ce billet, dont le sujet résonne particulièrement en cette période de bouleversements...
 

(...) Je me souviens d’un patient cancéreux qui avait lutté pour sa vie avec succès. Après un long traitement dangereux, il avait été déclaré guéri par ses médecins. Chacun s’attendait à le voir fou de joie. Et il le fut, mais pas très longtemps. Au bout d’une semaine, il remarqua qu’il était à nouveau agacé par ce muret que son voisin avait construit et qui mesurait 20 cm de trop en hauteur. La vie reprenait son cours habituel, avec ses contrariétés et ses imperfections. Il en fut le premier étonné. Il estimait qu’il ne pouvait qu’être heureux à présent. Mais voilà, c’est ainsi que fonctionne notre esprit. Il y a quelque chose qui ne passe jamais.

Imaginez que vous sortez d’une relation amoureuse dans laquelle vous avez été maltraité. Vous rencontrez un nouveau partenaire très gentil et compréhensif, quelqu’un de formidable. Et pourtant vous n’êtes pas entièrement heureux. Il y a toujours quelque chose qui accroche, un désir inassouvi, un manque jamais comblé.

Imaginez que vous n’ayez aucun problème. Vous n’avez pas été confronté à quelque chose de grave, tout va le mieux du monde pour vous, votre travail vous satisfait, votre partenaire de vie est adorable, vos enfants se débrouillent bien à l’école, vous avez toutes les raisons d’être heureux… Et pourtant, il reste une insatisfaction, quelque chose d’indéfinissable, une sorte de tension qui demeure, quelque chose qui ne passe pas…

Le Bouddha appelle cela le ‘tanha’ (soif). Nous parlerons de ‘manque’, Matthieu Ricard appelle cela le ‘besoin’, David Loy, lui, parle de ‘lack’. Une incomplétude, un manque permanent. Que faire de ce manque ?

Dans les quatre nobles vérités Bouddha désigne la soif comme l’origine de la souffrance. Voilà une formulation surprenante. Il ne dit pas: ‘la soif est une souffrance’ mais ‘la soif est l’origine de la souffrance’. Quelle est dès lors la relation de cause à effet entre la soif et la souffrance? Le Bouddha est pragmatique. La relation entre la soif et la souffrance, c’est mon comportement. C’est par la manière dont nous appréhendons cette soif que nous provoquons la souffrance.

Ce que nous faisons en premier lieu avec ce manque que nous ressentons malgré tout, c’est y rechercher une explication. Si je ne trouve pas très vite une explication, si j’estime que je n’ai aucune raison d’être malheureux, je vais me faire des reproches et me mettre à moraliser. L’engouement actuel pour le bonheur y participe largement. Nous ne sommes plus autorisés à être malheureux.

Je suis moins bien loti lorsque j’ai bel et bien une raison d’être malheureux. L’origine se trouve alors dans ce que j’ai vécu dans ma jeunesse, ou bien c’est ma santé qui est en cause, ou alors ce sont les opportunités que j’ai manquées. Mais c’est un malentendu, car même quand tout est pour le mieux, il y aura toujours quelque chose qui ne passe pas. Des personnes peuvent ainsi être en thérapie toute leur vie durant en s’imaginant qu’elles n’ont toujours pas bien digéré une expérience traumatisante; elles ne se rendent pas compte qu’elles luttent contre quelque chose qui ne passera jamais. C’est ainsi que l’on se bloque complètement.

En agissant au départ de ce malentendu, on provoque davantage de souffrance. Le bouddhisme connaît le système des cinq familles de bouddha désignées chacune par une couleur.
Dans la famille blanche nous tentons d’éliminer tout notre mécontentement et toute notre douleur en nous obscurcissant l’esprit. Sex, drugs & rock and roll. Quand nous sommes ivres, la souffrance disparaît pour un temps. On ne ressent plus le manque qui nous ronge… jusqu’au réveil, le lendemain.
Dans la famille jaune, nous tentons de remplir le vide en amassant le plus possible. Quelle est la durée de notre joie quand nous recevons une augmentation, une voiture de société plus coûteuse, un cadeau précieux, une nouvelle coiffure? Elle est courte, très courte.
Dans la famille rouge nous espérons que quelqu’un va nous rendre heureux. Si je peux l’avoir (il ou elle, selon notre préférence sexuelle) je serai heureux. C’est ce que l’on se promet lors du premier baiser, ou le jour de notre mariage. Jusqu’à ce qu’on se ronge à nouveau.
Dans la famille bleue on n’arrête pas de s’irriter contre tout ce qui va de travers dans le monde. Nous sommes sûrs de nous. Nous le proclamons, nous assénons notre vérité, nous sommes confits dans notre certitude. La souffrance disparaît de manière fugace quand nous avons raison, nous nous sentons forts et invulnérables, juste un moment.
Dans la famille verte nous travaillons comme des fous. Atteindre un objectif peut nous booster, que ce soit dans le travail, dans le sport, dans une retraite intensive. On connaît alors un moment de jubilation. Et puis le train-train reprend, ou le burn-out.

C’est un malentendu tragique. Il n’y a pas de lien avec une quelconque leçon de morale. En soi, il n’y a rien à redire au ‘sex, drugs & rock and roll’ ; il y a à redire quand cela provoque de la souffrance. Parfois on parvient à éliminer la soif, le manque, l’absence, juste un instant. C’est emprunter pour payer nos dettes. Il y a quelque chose qui ne passe jamais.

C’est un malentendu. Dans le bouddhisme, cela s’appelle avidya, un savoir erroné. Le manque ne disparaîtra jamais, la tension ne se relâchera pas. Mais que dois-je faire si cela ne passe jamais? Accepter? Devenir fataliste? Tout est-il souffrance?

La tension que nous ressentons comme un manque ne passera jamais pour la simple raison qu’elle est l’énergie qui nous fait vivre. Il ne faut pas chercher à l’escamoter. Elle est la source de notre vitalité.

Nous ne devons pas la combattre, bien au contraire, elle nous nourrit. Quand on cesse de tenter de faire disparaître cette tension par tous les moyens, autre chose surgit.

C’est une tension qui nous donne l’énergie et le courage de nous asseoir et de regarder, de faire une place pour ce qui advient, au lieu de balayer nos tracas sous le tapis. Elle nous donne le courage de ne pas accumuler mais de partager notre abondance. Qu’y a-t-il de plus beau que de partager ce que l’on a de plus beau? C’est une joie qui ne disparaît jamais.

Elle nous offre l’énergie de donner à chaque être vivant le droit d’exister dans sa spécificité au lieu d’être dans l’attente que l’autre nous rendra heureux. Loin de nous aigrir, cela nous aide quand nous regardons bien en face ce qui se passe, ce qui rate et ce qui réussit. Au lieu de nous tuer à la tâche ou d’abdiquer, nous aurons le courage de retrousser nos manches et de faire ce qui est bénéfique. Au lieu d’être une source de souffrance, c’est une source de joie qui ne tarit jamais.


Des nouvelles d'Emergences
04 JANVIER 2016

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"L'année à venir n'existe pas. Nous ne possédons que le petit instant présent"
Mahmûd Shabestarî (poète persan)

Bonne année 2016 à toutes et tous, emplie de petits et grands moments de présence, le coeur ouvert à ce qui se présente sur le chemin. 
Prêts à devenir qui nous sommes vraiment, vraiment :-)
Comme cette année est bissextile, elle comptera 366 jours, soit un jour de plus que celle qui vient de s'achever.

24 heures en plus pour prendre soin de vous...
24h, c'est justement (à peu de choses près) la durée cumulée des séances qui composent un cycle de pleine conscience.
C'est donc LE moment pour choisir d'explorer votre fonctionnement intérieur, apprivoiser vos états d'âme, apprendre à réduire votre stress et mieux vivre ensemble.
D'autant que depuis l'an passé, Emergences propose ses cycles et soirées de suivi à Liège, Court Saint-Etienne et bien sûr à Bruxelles.
Les prochains cycles débutent la semaine prochaine, il reste des places pour le cycle du vendredi matin à Bruxelles, du vendredi après-midi à Court-Saint-Etienne, et pour les 3 cycles de Liège : lundi après-midi, jeudi soir et vendredi après-midi qui débuteront la semaine du 18/01.
Infos et inscriptions sur notre site www.emergences.org
A bientôt !


Des nouvelles d'Emergences
30 DéCEMBRE 2015

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Les 23 et 24 janvier prochains, rejoignez-nous pour un weekend en compagnie de Christophe Massin, médecin psychiatre et psychothérapeute, sur le thème de l'alchimie des émotions.
Dans cet atelier, Christophe -qui étudie le rôle et l’impact des émotions depuis plus de 30 ans- nous invite à repenser la relation que nous entretenons avec nos émotions. Selon lui, refuser ses émotions ou mal les comprendre entraine de la souffrance.
Inspiré notamment par la spiritualité indienne, il nous montre que tranformer les émotions par un travail d’acceptation peut nous conduire à une vie pacifiée et nous permettre d’accéder à l’amour de soi et des autres.
Le philosophe Alexandre Jollien, qui a préfacé son ouvrage " Souffrir ou aimer : transformer l'émotion" (qui a gagné le Prix Psychologies Fnac du meilleur essai 2014)  écrit : « L’émotion ne tue pas et la ressentir à fond est, sans conteste, nous prémunir de ce qui détruit […] ». « En un mot, il nous convie à un amour libre et joyeux. »
Inscriptions et informations


A méditer
18 DéCEMBRE 2015

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« Comment pouvons nous, de manière pragmatique, aider le monde à aller mieux ? »

C’est une des questions posées par le Dalaï-Lama en ouverture de la 30ème rencontre du Mind & Life Institute à Bylakuppe, en Inde.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de nous asseoir pour prier afin de résoudre les problèmes » a il ajouté. "Ce n’est pas l’eau bénite qui nous sauvera. Nous avons chacun et chacune la responsabilité de nous remettre en question."
Les problèmes ont été créés par les êtres humains et c’est d’eux que peut aussi venir la solution. Chacun à notre niveau, au quotidien, avec nos proches ou dans nos entreprises, nous pouvons être un élément de cette solution. Dans notre manière d’être présents à la vie, d’éclairer et de prendre soin de tout le potentiel de bonheur et de bonté qu’il y a en chacun(e) d’entre nous. Dans notre manière de nous engager avec enthousiasme sur un chemin de conscience, de sagesse et de compassion."


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